Cérémonie du 30 novembre : discours de Madame le maire

Marie- Clarisse, dite Marie, ne se doutait pas, lorsqu’elle rencontra l’amour de sa vie, Auguste, lui aussi natif de Vernantois, que sa vie allait basculer dans la plus profonde horreur. Aux dires de Monsieur VERNIER, fringant jeune homme de bientôt 99 ans, Marie était une personne gironde, souriante et douce.

Qu’a-t-elle bien pu penser lorsque son amour est parti à la guerre, lui laissant deux jeunes enfants, l’un âgé de 5ans, l’autre de 6 mois ?
Comment a-t-elle pu supporter l’attente, l’angoisse, la panique, et comment a-t-elle pu supporter de voir revenir son Auguste vivant, mais rongé par les fièvres qui allaient l’emporter dans d’atroces souffrances.

Comment a-t-elle eu la force de résister au désespoir et au grand chagrin lorsque Auguste est parti rejoindre tous les autres, tous ceux qui par milliers, ont disparu pendant cette guerre terrible et qui sont l’honneur de notre France, tous ceux qui avaient l’âge des « je t’aime maman, je t’aime ma belle », des soldats, des frères, des fils, des amoureux, des pères.

Elle a continué de vivre un peu, Marie, accueillant Maurice chez elle pour qu’il joue avec ses copains Louis et Gustave et leur faisant des gâteaux car « elle avait le cœur sur la main ». Elle est partie bien trop tôt, Marie, laissant deux pupilles de la Nation, mais ceux-là, entrés en résistance lors de la deuxième guerre mondiale, allaient s’illustrer par leur grand courage, Louis y laissant la vie.

Chers descendants de Auguste et Marie, de Louis et Gustave, vous pouvez être fiers.
Sur cette tombe peuvent être écrits les mots bravoure, sacrifice, honneur.
Auguste est là, mais plane aussi le souvenir de Marie, la maman, symbole de l’immense sacrifice qu’ont consenti toutes les familles éplorées, toutes celles qui aujourd’hui encore pleurent un fils, un frère, un amour, un père.

Honneur à tous !