Cérémonie du 8 mai

Les habitants de Vernantois ont répondu présent à la commémoration de l’armistice du 8-mai-1945. Mme le maire, Monique Pyon, a rendu hommage aux soldats de la commune morts pour la France. Les enfants ont lu « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat (texte intégral sous les photos). Michel Vauchez a rappelé que la promotion de l’école de gendarmerie de Tulle portait le nom du vernantoisien Louis Lagrange, gendarme résistant, tué par les allemands.
Mme le maire a ensuite convié les personnes présentes au verre de l’amitié à la mairie.

Nuit et brouillard
par Jean Ferrat

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hate du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils etre heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur age
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arreter?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez