Vœux 2019 : discours de Mme le Maire

Merci à tous d’être là! Ce soir, je ne vous parlerai pas des finances de la commune, des travaux, de la route de St Maur, des tondeuses, des impôts à la source, des communautés d’agglomération, des chiens des chats des vaches des moutons et autres chevaux, des chemins, du stationnement, des dégradations, des bagarres… Non, je voudrais vous parler d’autre chose.

Décidément, décidément, ces fêtes de fin d’année n’auront pas été ordinaires. C’était comme si on s’était glissé dans le conte d’Andersen, vous savez celui de La petite fille aux allumettes: elle a froid , elle frotte l’une après l’autre les petites allumettes pour retrouver les images des personnes qui lui sont chères et qui lui apparaissent, auréolées de lumière, presque irréelles: alors à notre tour, frottons !
Tiens, voici André Gabet, peu bavard mais l’air si bienveillant, qui part avec sa chienne vers le Déroube. Ah! tiens! Pierre St Martin qui téléphone : Madame le Maire bonjour, Mr St Martin: les lampadaires de la rue sont allumés, est-ce normal à 11h du matin? et qui sourit j’en suis sûre.
Et René Bavoux, dont je n’oublierai jamais les derniers instants, qui est en train de discuter devant le jardin de la Raymonde, il sourit.
Encore une petite allumette : Tiens, Robert Lamy, qui de son air timide s’en va au jardin: ira-t-il danser ce dimanche?
Ah! voici Mme Aimé, qui arrive à petits pas au bras de Thérèse jusqu’au bureau de vote et annonce, péremptoire: voter est un devoir!
Dans la lumière, Madame Vernier, toute menue, toute discrète, s’excusant presque d’être là, si délicieuse!
Voici Christian Boussaud, qui s’en va chasser,
Daniel Fouchard, qui s’en va marcher, qui prépare son voyage sur les chemins de St Jacques de Compostelle…
Enfin, la voilà, notre petite Mado, qui nous sourit l’air de dire: comme j’ai passé de bons moments avec vous!
Il n’y a plus d’allumettes, ils sont repartis, tous, nous laissant effarés. Le vide est immense.
L’année 2018 nous aura apporté son lot de chagrin, de maladie, un incroyable vertige devant ce monde si inquiétant, devant ces disparitions si cruelles.
Il faut RESISTER.
Nous avons de la ressource, nous saurons continuer à vivre ensemble dans ce petit village qui nous offre une qualité de vie si précieuse.
Qualité de vie qui passe par le respect , respect de la liberté des uns qui, comme chacun le sait, s’arrête ou commence celle des autres… Respect de notre environnement, respect pour l’autre, et la tendresse bordel, l’amour, l’amitié, l’imagination, l’Espérance, car c est l’Espérance qui fait vivre les hommes.